« Il n’y a pas les réalistes et les idéalistes »

Après la campagne électorale, le site Un Monde d’Avance 70 reprend ses publications. A l’heure du libéralisme triomphant, la gauche tout entière doit s’unir et travailler ensemble pour préparer un projet de société pour 2012. Bonne lecture, l’équipe d’UMA 70.

« Il n'y a pas les réalistes et les idéalistes »LIBERATION. Proche de Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, Razzy Hammadi a représenté l’aile gauche du PS à la commission préparatoire de la Convention sur le nouveau modèle de société au PS qui aura lieu le 29 mai, sous la houlette de Pierre Moscovici, député du Doubs. Hier, ce dernier accusait à demi-mot dans les Echos la gauche du PS « d’ignorer les contraintes » et notamment le poids de la dette nationale.

La convention va-t-elle tourner à l’affrontement entre « gauchistes » et « réalistes » ?

Il n’y aurait rien de pire pour cette convention, qui est attendue par l’ensemble des militants mais aussi par le pays, que de produire des clivages artificiels et des postures. Nous avons dépassé le oui et le non au traité européen, la majorité actuelle du PS le prouve. Il n’y a pas d’un côté les gauchistes idéalistes et de l’autre les réformistes réalistes. Il y a des militants qui veulent apporter des réponses pour un autre modèle.

Selon vos détracteurs, vous ignorez la dette et voulez nationaliser la gestion de l’eau ?

Le passage en régie de la gestion de l’eau est appliqué par des maires PS, quelle que soit leur sensibilité dans le parti. De même, personne ne dit qu’il ne faut pas tenir compte de la dette ! Mais elle doit surtout provoquer un débat sur les ressources, plutôt que justifier une incapacité d’action bien en deçà de nos exigences collectives, pour aboutir à un projet d’avenir. La crise a amené l’ensemble des socialistes à évoluer. Personne ne considère que le pacte de stabilité européen doit rester intact ou que nous pouvons porter un nouveau modèle avec le même système financier.

Redoutez-vous un recentrage du projet socialiste ?

Le débat que nous avons n’est pas de degré mais de nature : il n’y a pas les « monsieur Plus » et les « monsieur Moins ». On est sur la volonté de porter autre chose face à un système libéral à bout de souffle. L’objectif n’est donc pas d’aménager à la marge, encore moins d’être dans l’incantation stérile.

Mais d’aller, par exemple, vers une échelle de salaires qui va de 1 à 20. Et contraindre au progrès social les entreprises qui ne font que redistribuer les profits. L’Allemagne annonce qu’elle va taxer les banques et les Etats-Unis préparent un retour à la distinction entre banques de dépôt et banques d’investissement. Ceux qui ont souvent eu peur de ces questions ces dernières années ne doivent pas caricaturer le débat pour rester du bon côté du manche.

Une Réponse à “« Il n’y a pas les réalistes et les idéalistes »”

  1. ouari dit :

    Une fois de plus M. Moscovici a perdu une occasion de se taire. Ainsi certains militants du PS n’ont pas le sens des réalités , à tel point” qu’ils ignorent les contraintes” et le poids de la dette nationale.
    Sans vouloir tomber dans l’anecdotique : il suffit d’observer et d’analyser la position politique concernant le passage ou non en régie publique de l’eau au sein de la CAPM. Résultat affligeant : de nouveau une convention (… doux euphémisme pour cession …) avec un des mastodontes du privé , bien entendu. Quand un homme politique n’agit pas au niveau local ,voire démontre une incapacité à exprimer de la volonté à agir : il convient qu’il évite de donner des leçons. Quand on n’arrive pas à agir au local, il convient mieux de ne pas prétendre pouvoir ambitionner un rôle au niveau national.

    Au moins que ce dernier observe avec moins d’arrogance la mise en place du Laboratoire belfortain par M. Chevénement dans le Territoire de Belfort, et Belfort (dans sa “République césarienne” dirait malicieusement le sénateur J.P. Michel). Aprés avoir obtenu les mêmes résultats , et soutenu la même préoccupation de l’intérêt général, on en reparlera. Car la nationalisation de l’eau n’est pas un vilain mot . Et il n’y a pas d’un côté les modernes et les archaïques; il y a ceux qui défendent l’intérêt général et ceux qui défendent l’intérêt particulier, comme M. Moscovici. Sinon pourquoi ce dernier a-t-il sollicité M.Martial Bourquin (bien connu pour être à gauche du PS dans le pays de Montbéliard) pour être son suppléant à la législative ? C’est peut être cela l’insconstance à “ignorer les contraintes” , aprés tout…

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